Mort aux disquettes !

Voilà que je fais mon gâteux et que je vous parle des disquettes… en 2009 ? Alors que même les clés USB commencent à être has-been ?

J’ai commencé à réaliser la situation en causant ergonomie avec des étudiants. Le choix des icônes d’une application est important, et est souvent relié à une symbolique forte de la vie réelle. Je viens d’ouvrir mon Word 2008 pour vérifier : l’icône représentant l’enregistrement est…une disquette. Logique…? Lorsque mes enfants utilisent Word (enfin, ils utilisent souvent autre chose, mais bon… le problème reste le même), ils utilisent cette icône…alors qu’ils n’ont jamais vu ni utilisé une disquette de leur vie !

Je chipote ? Pas tant que ça. Bien sûr qu’une icône, c’est symbolique et c’est tout, mais ici, le malaise est plus profond. Si l’on réfléchit bien, la procédure de sauvegarde d’un document est toujours celle qui a été calibrée sur mesure…. pour une sauvegarde sur un support amovible et lent tel qu’une disquette. Petit flashback en 1980 et quelques : on bossait sur un doc, lorsqu’on en était content, on insérait une disquette, on lançait la sauvegarde, et hop, archivé !

Mais, en 2009, est ce vraiment normal que, alors que des centaines de tâches s’exécutent en tâche de fond sur votre ordinateur, des plus simples au plus complexes, la seule tâche qui reste complètement manuelle et dépendante d’un réflexe humain est celle qui est finalement la plus importante : la sauvegarde d’un document que vous êtes en train de concevoir !?

Vous allez me dire que les sauvegardes automatiques, c’est pas pour les chiens. Certes…. mais ça ressemble quand même à un gadget, là où la procédure de sauvegarde mériterait quand même d’être un peu repensée, depuis le temps… Et puis, je me suis aperçu récemment, à mes dépends, que la sauvegarde automatique était loin d’être présente partout… Office l’implémente correctement depuis déjà longtemps, heureusement, mais pour d’autres…. j’ai récemment perdu toute une série de modifs sur Keynote, un des logiciels de la suite iWork d’Apple, faute de sauvegarde, lorsque mon matériel m’a lâché d’un coup (une batterie capricieuse que j’ai eu le malheur d’acheter sur ebay…).

Dans les autres arguments que j’ai pu recueillir en faveur de la sauvegarde « classique » :

  • Ergonomiquement et psychologiquement, c’est rassurant de pouvoir « lancer » soi même une sauvegarde
  • Cela peut être utile de définir soi même sa sauvegarde, pour pouvoir, par exemple, faire un petit essai puis revenir à la dernière version non enregistrée.

Pour le premier argument, je n’ai absolument rien contre un bouton « sauvegarder » toujours bien présent, et sur lequel on pourra s’énerver autant qu’on veut, un peu comme les boutons « OK » que l’on rajoute sur des zones déjà entièrement cliquables, simplement pour que cela soit plus intuitif 🙂

Le deuxième amène une réflexion plutôt intéressante : ce qui reste utile dans la fonction « sauvegarder », c’est finalement le versioning que ça peut amener. Enfin, un versioning hyper limité, puisque seule la dernière version compte.

Ce que j’attendrais aujourd’hui de la fonction « sauvegarde » d’un logiciel, c’est :

  • Une sauvegarde permanente en tâche de fond, « indolore »
  • Un bouton « sauvegarde », qui en fait jouerait le rôle de marqueur pour un système de versioning.
  • Et, en complément, une sorte de « super CTRL-Z » qui permettrait de remonter sur ces différentes versions.

Bien sûr, je n’invente rien en disant tout ça. Et d’ailleurs, les applis « In the cloud », les outils online tels qu’un Google Apps, ou même l’éditeur WordPress que je suis en train d’utiliser pour cet article, ont déjà largement entamé cette migration vers une sauvegarde plus adaptée aux technologies du moment. Les applications « standalone » ont vraiment à s’en inspirer !